Gel des dépenses de l’État en valeur de 2011 à 2013 : c’est ce qu’a annoncé, hier, le premier ministre dans un communiqué, à l’issue d’un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public. Matignon commence avec cette annonce à lever le voile sur le plan d’austérité qu’il entend imposer aux Français et qu’il concocte depuis des mois, instillant progressivement certaines de ses dispositions (réforme de l’hôpital, baisse du nombre de fonctionnaires), en préparant d’autres (retraites, collectivités territoriales). Que signifie cette annonce ? Auparavant, les dépenses de l’État augmentaient comme l’inflation chaque année. Avec le gel, elles resteraient d’un même montant d’une année sur l’autre, mais leur « pouvoir d’achat » serait amputé par la hausse des prix.
Le « programme de stabilité de la France 2010-2013 », qui correspond aux engagements de la France vis-à-vis de la Commission de Bruxelles afin d’en revenir aux règles du pacte de stabilité européen, table sur une augmentation des prix à la consommation de 1,5 % en 2011, 1,75 % en 2012, et autant en 2013. Chacune de ces années, les dépenses de l’État devraient donc être érodées d’autant. Pour ce qui est de 2010, François Fillon a demandé aux ministres « de veiller à ce que la dépense soit strictement tenue au niveau prévu par la loi de finances votée par le Parlement ». Hier matin, Jacques Attali a évalué le montant de cette purge à quelque 50 milliards d’euros sur une année. « Les dépenses de fonctionnement courant de l’État diminueront de 10 % en trois ans, avec une baisse de 5 % dès 2011 », annonce également le communiqué de Matignon. La poursuite de la politique de non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux dans la fonction publique d’État est confirmée. Les aides économiques (à la construction de logements…), à l’emploi (contrats aidés…) et les aides sociales (aide au logement, allocation adulte handicapé…) seront soumises à « un réexamen », avertit aussi le premier ministre. Les niches fiscales, qui coûtent 37,49 milliards d’euros à l’État, sont particulièrement pointées du doigt par la droite au pouvoir. Parmi elles figurent le crédit d’impôt recherche (4 milliards), le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile (2,9 milliards), ou encore l’abattement de 10 % sur le montant des pensions et des retraites (2,67 milliards). On peut deviner sur qui tombera le couperet et l’on peut préjuger que cette agitation autour des niches vise à dissimuler le véritable « chien » à qui l’on veut s’en prendre : le citoyen de base qui vit de son travail.
Comme ils en ont pris l’engagement auprès de l’Allemagne, l’Élysée et Matignon entendent ramener le déficit public à moins de 3 % en 2013. Cet objectif est présenté comme indispensable pour permettre à l’Europe de sortir de la crise qui la déstabilise, et à l’euro de se refaire une santé. Le véritable motif a en fait été révélé par le premier ministre, mercredi soir, lors de son intervention sur le plateau de TF1. Il a déclaré : « La France est à l’heure actuelle avec l’Allemagne la meilleure signature en Europe et nous devons tout faire pour conserver cette signature. » Qui donc valide celle-ci ? Les agences de notation, c’est-à-dire les entreprises chargées par les marchés financiers, les banques, de déterminer la capacité des États à rembourser leurs dettes. C’est clair, dès lors : le plan d’austérité annoncé est destiné à répondre aux exigences des marchés financiers. Le gouvernement français se plie à leurs desiderata dans l’espoir qu’ils continueront à financer la dette publique du pays. Le scandale tient, notamment, au fait que cette dette publique a gonflé sensiblement en peu de temps parce que ce même gouvernement français a dû voler au secours des banques et des marchés financiers qui, en 2008, se sont effondrés. Palme de l’hypocrisie, François Fillon, mercredi soir sur TF1, a osé déclarer que ces « mesures difficiles » de baisse de la dépense publique ne constituent pas un plan d’austérité. Il en voit pour preuve dans le fait que L’État n’entend pas remettre en cause ses aides à l’investissement des entreprises. Mais le fait confirme plutôt la chose : le plan d’austérité vise à soutenir encore plus les grands groupes et le capital, et à cette fin, à présenter l’addition au peuple français. C’est de mauvais augure pour le dossier retraite.
PIERRE IVORRA SOURCE L'HUMANITE
Après l'annonce par François Fillon du gel des dépenses publiques pour les trois prochaines années, les éditorialistes reviennent sur un plan de rigueur qui ne veut pas dire son nom.
Luc Chatel "a bien précisé qu'il s'agit là d'une +politique sérieuse+ qui n'a rien à voir avec la rigueur.", note Eric Dussart dans La Voix du Nord.
De même dans L'Est Républicain, Chantal Didier ironise: "A défaut du nom, cela en a la couleur. Si François Fillon exclut toute politique de " rigueur ", le gel des dépenses publiques annoncé hier signifie que l'État va se serrer la ceinture et, avec lui, les Français." Alors que Francis Brochet du Progrès observe que "La différence entre le gel et la rigueur, nous a expliqué Monsieur Chatel, c'est qu'il n'y aura pas d'augmentation massive des impôts. Toute la subtilité, on le devine, est dans la définition de l'adjectif "massive"...."
Sous le titre "la rigueur, enfin!" Gaetan de Capèle dans Le Figaro se réjouit franchement et affirme "qu'"il s'agit, plus simplement et sans drame de remettre de l'ordre dans les comptes de la maison France tant que des marges de manoeuvres existent".
De son côté, Paul Quinio de Libération pense que "le pari de l'austérité de François Fillon est à double tranchant" et qu'"à vouloir prévenir le pire, Fillon prend le risque d'alerter les marchés."
Carrément pessimiste, Patrick Apel-Muller de L'Humanité est certain que "le scénario grec a été choisi par le gouvernement français pour tondre les Français" et que "ce sont d'abord les dépenses sociales qui seront amputées" et surtout "pas ce fameux bouclier dont la droite a fait sa gloire et les grandes fortunes leur beurre."
"Mettre de la rigueur, au sens rigoureux du mot, là où elle avait fini par manquer, devrait suffire pour parer à l'urgence.", espère François Ernenwein de La Croix tout en souhaitant que les réformes "soient équitables, accompagnées d'un contrôle renforcé des marchés financiers et d'une politique des revenus cohérente."
Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig note que Luc Chatel "a assuré que +tout le monde sera touché+.", et attend qu'au nom de "l'équité sociale (...) certains soient quand même plus touchés que d'autres.""
Pour Michel Lépinay de Paris-Normandie, on nage en "groucho-marxisme". " Les leaders européens qui s'indignent de la situation de la Grèce et affirment leur solidarité, main sur le coeur, s'empressent de prélever 5 % d'intérêts sur les sommes prêtées au cousin grec sinistré. Et donc d'aggraver encore sa dette pour en tirer quelque profit.", s'insurge-t-il. Il pousse le raisonnement en précisant que "tout cela n'est pas vraiment réel et donc sans gravité: tous les Etats sont surendettés, et empruntent aux banques les sommes qu'ils prêtent à la Grèce, pour qu'elle puisse rembourser les banques, qui spéculent elles-mêmes sur l'incapacité des Etats à les rembourser!"
Source courrier-picard.fr
La situation est bien connue. « Une population en augmentation mais vieillissante ». « Un classement national médiocre dans le domaine des indicateurs de santé » : la Bretagne arrive 15e sur les 27 Régions françaises avec, notamment, une surmortalité des hommes de plus de 65 ans. Mais «une offre de santé satisfaisante », basée sur le maillage étroit du système hospitalier (public et privé), de celui de l'accueil des personnes âgées et handicapées. Sans oublier la « bonne densité » de professionnels de santé et de médecins généralistes.
Avec, toutefois, deux bémols de taille : les importantes disparités territoriales entre zones urbaines et rurales, entre le littoral et la Bretagne intérieure, et le risque de désertification médicale dans les secteurs moins attractifs pour les jeunes médecins.
« Des discours aux actes »
Si le diagnostic semble partagé par les élus des villes, en revanche, les appréciations divergent lorsqu'on aborde les mesures à prendre pour soigner le malade. Comment seront déclinés régionalement les grands principes de la loi « hôpital, patient, santé et territoire » de juillet 2009 ? Alain Gautron a esquissé des orientations.
Mobilisation contre les conduites addictives : « La Bretagne a mieux à faire que de chercher à battre des records lors d'apéros géants ». Lutte contre les déserts médicaux qui émergent : « il faut encourager les maisons médicales pluridisciplinaires ». Favoriser les restructurations hospitalières en « s'appuyant sur les exemples réussis de Saint-Malo, Dinan et Cancale, ou celui de Pontivy-Loudéac ». Pour ce faire, le directeur de l'ARS entend jouer « sur le levier de la démocratie sanitaire entre élus et professionnels de santé dans les futures conférences de territoire. »
Gérard Perron, le maire d'Hennebont, est « dubitatif. D'accord sur les objectifs, j'attends les actes et les moyens qui iront avec. Et, surtout, on mesure mal le poids des élus dans les nouvelles instances. » Autre inquiétude, relevée par Claudine Debrassier, élue de Lanester et sage-femme : « Je me demande qui va mesurer la notion d'efficience appliquée à un système de santé ». Christian Marquet, maire de Lannion, a mis en garde contre « une vision uniquement comptable des rapprochements d'établissements. Attention, l'hôpital est un élément essentiel de l'aménagement du territoire ».
Alain Gautron a pris bonne note, tout en appelant « à dépasser l'image du maire avec son écharpe défendant son hôpital. Je préfère que les élus se mobilisent pour défendre plutôt un projet médical global sur un territoire. » Rendez-vous, cet automne, lors de la mise en place du futur projet régional de santé.
Philippe GAILLARD.
COMMUNIQUE
En réponse à la lettre de la direction
Et à l’attention des personnels de l’hôpital de Port-Louis/Riantec
Bonjour,
La direction vous a tous transmis un communiqué dernièrement dénonçant la lutte que nous menons ensemble depuis plus de 5 mois.
La direction fait état « d’un certain nombre de contrevérités » et son inquiétude concernant une perte de confiance possible entre les usagers et l’hôpital.
Nous ne cacherons pas notre satisfaction d’obtenir enfin de la direction un communiqué malgré les nombreuses occasions de démentir les articles parus dans la presse. Et pourquoi la direction s’est elle interdit de publier son point de vue dans journaux ????
Revenons sur certains points :
1/ La confiance inaltérable entre les usagers et l’hôpital.
Les familles et les usagers ont une confiance inaltérable à l’hôpital (81% des Français font confiance à l’hôpital public) et l’hôpital de Port-Louis/Riantec ne fait pas une exception.
Cette confiance inaltérable est possible grâce aux différents acteurs de l’hôpital qui travaillent avec leur conscience professionnelle et leur dévouement au quotidien pour soigner, apaiser les souffrances du « corps et du cœur » de nos patients, résidents ainsi que leurs familles.
De plus nous sommes en lien avec les familles et leurs représentants avec qui nous entretenons une relation de confiance. Ils sont très attentifs au mouvement que nous menons et nous soutiennent par leurs présences lors de nos dernières manifestations ainsi que celle d’autres acteurs des hôpitaux aux alentours.
Nous avons évoqué ensemble nos différentes inquiétudes comme par exemple les pressions budgétaires et les conséquences de celles-ci sur le niveau de qualité de soins, d’accompagnement et des différents services auprès de nos patients et résidents de plus en plus importantes.
Nous rappelons que les familles et nos résidents n’ont majoritairement pas fait le choix d’être en institution mais le plus souvent contraint pour des raisons sociales diverses (famille éloignée, maintien à domicile impossible……).
2/ La précarité :
Quand la direction évoque que la seule précarité c’est le recours à des agents contractuels dont la mission est destinée à « assurer des remplacements momentanés … ». La notion de « momentanés » est discutable car pour ces agents contractuels (ASH, AS et IDE…) les remplacements momentanés s’ajoutent les uns aux autres pour faire des mois et des années d’attente en vue d’un emploi stable. Malgré leurs efforts de disponibilités et leur professionnalisme ils attendent depuis 2 à 9 ans leurs stagiairisation. Parfois certain(es)s retarde leurs projets personnels d’avenir (maternité, projet de logement…), beaucoup d’autres en ont eu marre d’attendre et sont allé voir ailleurs.
Sans détailler le couplet d’auto satisfaction de la direction concernant le compte financier 2009 et ses « efforts » sur l’emploi, nous préciserons simplement que cette progression résulte des nombreux départs en retraite depuis 3 ans et reste toutefois insuffisante de plus les départs en retraite remplacés ne peuvent pas être comptabilisés en création d’emploi : certains départs, en effet, n’ont pas été remplacés ou alors par des agents en contrats (précaires) d’accompagnement (soi-disant) à l’emploi.
Les contrats « peu » d’Avenir et les contrats « précaires » d’accompagnement « soi-disant » à l’emploi.
Voici les seuls emplois effectivement créés par notre charitable direction. Personne n’est dupe ces contrats créés par l’Etat sont des pansements pour diminuer l’hémorragie du chômage depuis des années, avec des appellations différentes pour noyer le poisson (TUC, CES… et maintenant des CIU contrat d’insertion unique).
Des contrats à temps partiels subis avec une protection sociale moindre, un salaire indécent et certaines fois des qualifications non reconnues (environ 800 euros/mois sans primes sous le seuil de pauvreté). Ces personnes sont le plus souvent dans une précarité sociale difficile, et souvent laissées au bord du chemin par notre société pour des raisons diverses : perte de l’emploi, situation familiale difficile, trop âgés pour être embauché, fin de droit d’ASSEDIC….
Nous souhaitons qu’elles puissent bénéficier d’un vrai contrat de travail, d’une protection sociale, d’un salaire décent et d’un droit à la formation au moins équivalents aux nôtres, avec à la clé une vraie pérennité de l’emploi.
Bien sûr la direction n’est pas la seule à faire usage de ces contrats pour une simple et bonne raison que c’est « gratis ». Ce type d’emploi est financé par l’Etat et ne coûte pratiquement rien à l’établissement d’où l’engouement.
3/ Le « dialogue social » hospitalier : mythe ou réalité ?
Le « dialogue social » c’est une expression à la mode qui veut tout et rien dire ou le sens qu’on veut lui donner.
A l’heure où « des modifications législatives importantes vont impacter le fonctionnement des établissements publics de santé », évoquons celle de la « Nouvelle gouvernance hospitalière » pour résumer, c’est donner plus de « pouvoir au directeur » donc par conséquence moins de pouvoir aux équipes de soins cherchez l’erreur !
On pourrait donc penser que le directeur sera « Tout puissant » à l’hôpital or c’est faux. Monsieur Notre directeur aura des consignes et des projets bien détaillés comme un cahier des charges par Monsieur le directeur plus puissant de l’Agence Régionale de Santé (ARS).
Des exemples résumés sans « langue de bois » du « dialogue social » :
Les instances :
« C’est déjà décidé mais vous pouvez donner votre avis »
Le projet social :
« Le projet social est écrit mais créons des groupes de pilotages pour donner au personnel l’illusion d’y avoir participé »
L’achat matériel dans les services :
« Laissons-leur le catalogue pour leur faire croire qu’ils ont le choix ! »
La direction de l’hôpital de Port-Louis/Riantec a toujours considéré que le conflit actuel déclenché depuis plusieurs mois relevait d’une problématique d’organisation interne et que :
« Vous avez le droit de ne pas être d’accord mais en silence !
4/ Et au début : « La suppression des RTT »
La direction précise parfaitement que la suppression des 3 à 5 RTT résulte d’un plan de retour à l’équilibre budgétaire imposé par le directeur de l’Agence Régionale d’Hospitalisation lors de la parution de 2 circulaires qui précisent clairement la diminution de la charge financière en personnel pour les établissements déficitaires comme le nôtre.
Nous ne sommes pas naïfs jamais un plan budgétaire n’a été en faveur du salarié. Car nous pensons que nous ne seront pas épargnés. C’est la vision du «pire ailleurs » qui nous donne une perspective très inquiétante sur notre avenir proche. Ce sont les politiques d’en haut qui nous fait basculer vers celui-ci. Que l’on nous donne vraiment les moyens de prendre soin et d’écouter les personnes souffrantes et fragilisées qui s’en remettent à nous !
Les hospitaliers gestionnaires, branche exécutive des directives gouvernementales, ne donnent pas suffisamment aux hospitaliers soignants les moyens de travailler ! Ils nous disent que l’hôpital est en déficit mais pourquoi ne pas commencer par approvisionner les budgets ? À l’heure de la dictature du management, des statistiques et d’une certaine logique comptable, la vraie question est "comptons-nous encore seulement pour quelqu’un ?"
La Richesse de l’hôpital
C’est l’humain !
C’est Nous ! Défendons-la !
lundi 03 mai 2010
Après avoir participé au défilé de Lorient samedi 1 er mai, une quarantaine de personnels hospitaliers de l'hôpital de Port-Louis-Riantec se sont rassemblés autour d'un barbecue vers 19 h, à l'initiative de la CGT, au carrefour d'accès à l'établissement de Riantec. Ils étaient soutenus par des collègues de l'Hôpital Charcot, des retraités du service, et des familles de résidants.
En grève depuis presque 5 mois, mais « sans aucune incidence sur le travail ni les soins », comme tient à le souligner le représentant syndical, les personnels ont un sentiment de lassitude, la direction ne proposant aucune avancée.
« Malgré de nombreuses réunions, on ne voit rien venir de concret, et les annonces de la direction n'ont pour objectif que de faire des économies. Elle se contente de prêcher de beaux discours, pour être bien au travail et pour faire mieux avec moins. »
Il continue en rapportant que pour ne plus être en déficit (150 000 € à ce jour), il suffirait que « la Sécurité Sociale reverse à l'hôpital les sommes qu'elle doit (divers remboursements), soit un cumul de 238 000 € ».
Pour étayer ses propos sur la précarité de certains employés, le délégué syndical cite l'exemple des contrats aidés : « ils gagnent 800 € par mois ; en cas d'accident de travail, ils ne touchent que 60 % de ce montant... D'autres cumulent aussi 9 ans de travail, sans poste fixe ».
source : Ouest-France