Samedi 19 septembre 2009
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Sarkozy à Villejuif
une polémique «incompréhensible»
Une polémique «particulièrement
incompré-hensible». S'exprimant à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne) à
l'occasion d'une cérémonie célébrant la 2500e greffe de foie de l'établissement, Nicolas
Sarkozy s'est montré particulièrement agacé du débat suscité par sa visite.
Et le président de la République a choisi de répondre non à la majorité qui dénonçait un hôpital «en état de siège» mais aux quelques-uns qui critiquaient le
principe même de sa venue.
«Je trouve particulièrement incompréhensible qu'il puisse y avoir la moindre polémique sur la présence du président de la République au milieu des greffés, au
milieu des équipes médicales. Ce qui serait scandaleux, c'est que je n'y sois pas», a-t-il lancé sous les applaudissements d'une partie du personnel de l'hôpital et des malades. «Je pense
d'ailleurs qu'il y a des sujets qui n'appartiennent pas à la politique politicienne. Quelles que soient ses convictions, le devoir de soutenir ceux qui font des dons d'organes et le devoir de
soutenir les équipes médicales, c'est un devoir d'Etat», a insisté le chef de l'Etat.
Le syndicat Sud-santé de l'AP-HP s'était élevé, mardi, contre «l'état de siège» imposé à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne) pour la venue du
président à la célébration de la 2 500ème greffe de foie de l'établissement.
Les consultations au centre hépato-biliaire, premier centre de
transplantation hépatique de France, ont presque toutes été annulées de 6 heures du matin à 14 heures et les personnels priés de prendre des congés. Ceux qui venaient
travailler avaient été prévenus: il leur faudrait montrer patte blanche pour rejoindre leurs services.
Eviter tout dérapage
A chaque déplacement du président de la République, ou presque, le reproche revient : pour éviter tout dérapage, tant en matière de sécurité que de confrontation
avec des manifestants, les services de sécurité verrouillent de larges périmêtres autour des lieux de visite. Et depuis la visite du locataire de l'Elysée au Salon de l'Agriculture et son fameux «casse-toi pauvre con», les personnes présentes sont
soigneusement sélectionnées, quand elles ne bénéficient pas purement et simplement d'un carton d'invitation, comme le Parisien.fr avait pu le constater au Mondial de l'Automobile.
Le 16 mai 2008, lors d'un déplacement en Seine-et-Marne sur le thème de l'emploi, au cours duquel le chef de l'Etat avait plaisanté sur la beauté de son épouse avec des militants cégétistes, la presse avait pu constater que des
policiers en armes étaient positionnés sur chacun des ponts enjambant la route de Paris à Melun.
En janvier dernier, la ville de Châteauroux (Indre) avait eu le sentiment de vivre une situation assez extrême pour deux heures de présence du président de la
République. La Ligue des droits de l'Homme avait dénoncé un «dispositif sécuritaire hors du commun» consistant notamment à bloquer une partie du centre-ville, à modifier les horaires scolaires,
et à fermer les cantines.
Sud-santé, deuxième syndicat à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), qui a manifesté - sans incident- contre le «démantèlement du régime de
protection sociale» et la restriction des budgets des hôpitaux, a également dénoncé le coût de cette célébration, correspondant selon lui à 200 000 euros, soit «au bas mot à l'équivalent de huit
infirmières sur un an». «Le seul coût du chapiteau dressé pour la célébration est de 70
000 euros, on trouve ça vraiment exagéré», s'agace Patrice Thomas (Sud-Santé).
2 000 personnes invitées à la réception
Pour sa part, le président de l'AP-HP, Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris, a écrit aux syndicats que «l'expression légitime des revendications ne doit pas
perturber la visite du président de la République», notamment parce que «sa présence est une reconnaissance de l'excellence du travail quotidien» à l'hôpital. Le député socialiste ajoute
«comprendre l'émotion du personnel qui vit avec beaucoup de difficultés la dégradation de ses conditions de travail», et être «profondément préoccupé depuis des mois» par les moyens alloués à
l'AP-HP.