Partager l'article ! Les blouses blanches boudent le vaccin: Les blouses blanches boudent le vaccin La campagne de vaccination ...
Reportage
Hier après-midi, service des maladies infectieuses de l'hôpital Pontchaillou, à Rennes. Dans une petite salle, Catherine Vialard, médecin du travail, invite le personnel à se faire vacciner
contre la grippe A. « La campagne commence prioritairement dans les services les plus exposés : maladies infectieuses, pédiatrie et réanimation. » Chaque personne
doit remplir un questionnaire de santé. Ensuite, la piqûre.
Mais ce n'est pas la foule : dix-sept personnes. Environ 10 % du service. « Je vais attendre de voir comment réagissent nos cadres et nos médecins. Ensuite je verrai si je me fais vacciner ou pas... », assure une aide-soignante. Un brin d'humour qui cache quelques interrogations. « On se pose toujours des questions. On n'a pas de recul. » Même réaction pour sa collègue : « Je ne sais pas. On entend l'inverse et son contraire. »
« Si les médecins ne donnent pas l'exemple... »
Des appréhensions que ne partage pas Matthieu Revest, assistant chef de clinique. « Je me suis fait vacciner pour deux raisons : un, je n'ai pas envie d'être cloué au lit par une grippe ; deux, pour protéger nos patients. » Et pour une troisième : « Si les médecins ne donnent pas l'exemple... » D'ailleurs, cadres et médecins sont bien représentés à la vaccination.
Et les inquiétudes du personnel ? « C'est le témoin de la réticence de la population. Parce que l'on entend plein de bêtises. Les deux adjuvants du vaccin sont utilisés depuis des années dans d'autres vaccins sans avoir causé le moindre problème. » Son téléphone sonne : une collègue enceinte s'interroge. « Tu peux demander le vaccin sans adjuvant, par précaution », lui répond le médecin.
Samuel NOHRA.
Article publié le mercredi 21 octobre 2009 sur le site ouest-france.fr