Actualité Santé/Social

Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 20:10

Hôpital

La mort programmée des hôpitaux publics

Alors que, sous la pression du gouvernement, l’Assistance publique maintient son intention de supprimer 4 000 emplois en quatre ans, dans des hôpitaux souvent déjà au bord de la rupture, 900 médecins, en charge de responsabilités administratives, se déclarent collectivement prêts à démissionner. Reportage à l’hôpital Trousseau.


« C’est l’horreur », témoignent-ils.
Étoiles de Noël suspendues au plafond et murs roses décorés de peintures naïves : le service de pneumo-néphrologie pédiatrique de l’hôpital Trousseau, à Paris, a su créer une ambiance chaleureuse. En apparence. Depuis deux ans, les conditions de travail dégradées plombent le moral de l’équipe soignante. Et l’annonce de 1 150 suppressions de postes à l’AP-HP en 2010 n’arrange rien. Le professeur Albert Bensman, chef du service de néphrologie pédiatrique, a démissionné de ses fonctions administratives de l’AP-HP pour protester contre la casse de l’hôpital public. « Je ne peux pas imaginer que la société décide de sacrifier des enfants malades, s’énerve-t-il. C’est inacceptable. On a tiré au maximum sur la corde, on ne peut pas supprimer d’autres postes. »


Seule infirmière du service de néphrologie, Manuella s’occupe de huit patients. Tout en préparant une seringue, elle confirme : « Je suis au bord du burn-out, je n’arrête pas de courir. Certains patients ont besoin de prise de température toutes les demi-heures. » En octobre, elles étaient encore deux infirmières. Mais les restrictions budgétaires sont passées par là. Á l’autre bout du couloir, en pneumologie, « c’est l’horreur », lâche Patricia en se précipitant dans une chambre _ L’infirmière a oublié de donner à manger à un patient. « Voilà ce qui arrive quand on n’a pas le temps », constate Aurélie, sa collègue. Cette semaine, le service de pneumologie a treize lits au lieu des huit habituels, pour faire face à l’épidémie de bronchiolite. Mais ce n’est pas assez. « Les bronchiolites côtoient les gastros dans une même chambre, ce qui peut propager les germes », explique Aurélie. Pour assurer l’intendance, leurs plannings de repos et de congés ont été bouleversés. Et les infirmières peuvent être déplacées à tout moment dans d’autres services en pénurie de personnel. « Ça m’arrive d’être seule en néphrologie alors que n’y connais pas grand-chose, je comprends que ça puisse inquiéter le professeur Bensman, » explique-t-elle.

Dans la chambre d’à côté, les parents du petit Elias, un mois et demi, hospitalisé pour une bronchiolite, n’ont rien à redire sur le travail des infirmières. Mais ils ont ressenti de la tension. « Pas à notre égard, mais elles parlent vite, sont parfois agacées », constate la maman. Pour l’instant, la pénurie de soignants est en partie compensée par les internes en médecine. « On fait du brancardage, des soins, on décroche le téléphone. On donne un coup de main, même si ce n’est pas notre boulot », insistent Sophie et Claire, internes dans le service depuis un mois. Elles déclarent avoir « halluciné » sur les conditions de travail, avec des infirmières en pleurs presque tous les jours. Et espèrent que la démission du professeur Bensman « puisse faire entendre ces problèmes ». Á terme, l’AP-HP envisage de transformer Trousseau, pôle pédiatrique de pointe, en hôpital de pédiatrie générale. Une nouvelle qui inquiète, la maman d’Amandine, qui souffre d’apnée du sommeil : « Ou ira-t-on ensuite ? »


Un gâchis pour les patients et pour la recherche universitaire. Dépité, le professeur Bensman se souvient : « Il y a quinze ans, on m’a proposé un poste au Canada, mais je suis resté. On avait alors le meilleur service au monde. Si c’était aujourd’hui, je partirais sans hésiter. »


Cécile Rousseau

Source : L'HUMANITE

Par CGT CH Port-Louis/Riantec - Publié dans : Actualité Santé/Social - Communauté : La CGT PORT-LOUIS/RIANTEC
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 23:09

samedi 05 DECEMBRE 2009, 08:11   France
Les étudiants infirmiers ont été réquisitionnés pour piquer le dimanche ou pendant les vacances de Noël sans la garantie d'être payés.

Les centres de vaccination contre la grippe A sont ouverts de 8h à 22h, 6 jours sur 7, dans les grandes agglomérations dont Paris depuis cette semaine. Ils ouvriront aussi leurs portes ce dimanche et les prochains de 9h à 13h dans les grandes villes. Un dispositif qui demande de la main d'oeuvre. Ce sont notamment les élèves infirmières qui ont été réquisitionnées.

Ils sont étudiants en 3ème année et n'ont pas le choix. Ces élèves doivent aller vacciner parfois à une heure de RER, plutôt que d'aller en stage, apprendre leur métier. Pas d'indemnités de transports, des réquisitions jusqu'à 22 heures, le dimanche et pendant les vacances de Noël. Et ils ne sont même pas sûrs d'être payés.

"On nous prend pour des poires". Pour exprimer leur ras-le-bol, 500 élèves infirmiers ont manifesté vendredi à 14 heures, devant le Ministère de la Santé.

1 million 760.000 personnes ont déjà été vaccinées dans l'Hexagone. 111 personnes sont mortes du virus H1N1 en France métropolitaine. (Source Europe1)

Par CGT CH Port-Louis/Riantec - Publié dans : Actualité Santé/Social
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 23:05

Plus de 200 maisons de retraite fonctionnent en toute "irrégularité"

mercredi 02 DECEMBRE 2009, 15:12   France

La France compte environ 10.000 maisons de retraite. Selon Nora Berra, la secrétaire d'Etat aux Aînés, plus de 200 d'entre elles fonctionnent "en toute irrégularité" et risquent la fermeture.


Nora Berra avait diligenté une enquête début octobre pour recenser les établissements accueillant des personnes âgées dépendantes sans y être autorisées, après la découverte de cas de maltraitance présumés dans une maison de retraite à Bayonne. Des "présomptions de négligence" de la part des pouvoirs publics y ont été relevées, selon la secrétaire d'Etat aux Aînés. "Les résultats de l'enquête (...) font état de plus de 200 établissements qui continuent de fonctionner en toute irrégularité. Cela signifie que nos aînés sont en risque dans ces établissements-là", a déclaré Nora Berra, lors d'une conférence de presse.

"Je demande qu'une mise en demeure très ferme leur soit adressée sans délai pour se mettre en conformité", c'est-à-dire en faisant intervenir en leur sein des services de soins infirmiers ou en signant une convention avec les pouvoirs publics, comme la loi l'exige. A défaut, "ces établissements s'exposeront à une fermeture administrative à compter du 31 mars 2010", a-t-elle ajouté. On compte environ 10.000 maisons de retraite en France.

Concernant les faits présumés à la maison de retraite de Bayonne, Nora Berra, se fondant sur les premiers éléments d'un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), a également dénoncé "un système global de contrôle des institutions qui n'a pas été en mesure de prévenir cette situation dramatique". Selon ce rapport, "il y a un faisceau de présomptions de négligence de la part de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) et des services du Conseil général". (source AFP)

Par CGT CH Port-Louis/Riantec - Publié dans : Actualité Santé/Social
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Dimanche 29 novembre 2009 7 29 /11 /2009 10:43
- Un nouveau scandale en perspective au CHU de Caen ? La justice enquête. - France 3 Normandie -

Un nouveau scandale en perspective au CHU de Caen ? La justice enquête.

© France 3 Normandie

Le parquet a ouvert une enquête préliminaire suite à la plainte de deux médecins du CHU.

La plainte contre X a été déposée par le chef des médecines vasculaires au CHU et le codirecteur du laboratoire cathéterisme (introduction de sondes dans les cavités cardiaques). Les "pratiques douteuses" en question seraient la réutilisation de matériel à usage unique et des pratiques de harcèlement menées à l'égard des plaignants.

"Au début, je pensais que cette affaire se règlerait en interne, que la direction allait faire cesser ces pratiques complètement contraires au code de santé publique. Mais non, j'ai dû payer un huissier" pour constater la présence de cartons de cathéters périmés et de matériel médical souillé, explique le cardiologue qui affirme que ces problèmes témoignent des "difficultés de gouvernance au CHU de Caen".

C'est le chef du pôle coeur-poumon-vaisseaux, Gilles Grollier, qui est visé par les deux professeurs. Dans le Parisien/Aujourd'hui daté du mercredi 25 novembre, il indique avoir "fait nettoyer du matériel pour permettre des soins à but humanitaire. Dans certains pays, on n'a pas le choix pour sauver des vies". "Il n'y a évidemment jamais eu de telles pratiques au sein du CHU", précise-t-il.

En mars, l'ex-directeur du CHU Joël Martinez a démissionné avant d'être mis en examen en juillet après avoir notamment réalisé 970.000 euros de travaux aux frais de l'hôpital dans sa maison.

Le CHU de Caen, handicapé par un bâtiment truffé d'amiante, est par ailleurs plombé par les déficits.

Par CGT CH Port-Louis/Riantec - Publié dans : Actualité Santé/Social
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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 16:41
Le système de santé français hybride (financement public, distribution publique et privée) a longtemps montré sa supériorité sur le système anglais, pour l'essentiel étatique, et sur le système américain, majoritairement privé. Cependant, l'augmentation annuelle régulière du coût de la santé, atteignant 11 % du produit intérieur brut (PIB), contre 9 % en Angleterre et 16 % aux USA, impose une régulation. Le tout est de savoir laquelle.

Par André Grimaldi


De façon surprenante par ces temps de crise, c'est la régulation par le marché, à l'américaine, transférant une partie des coûts de la collectivité vers les ménages, qu'ont choisie nos dirigeants. En effet, pour les néolibéraux qui inspirent le gouvernement, seul le marché libre où chacun achète selon ses moyens permet d'assurer l'adéquation entre l'offre et la demande solvable, et seule la concurrence permet d'obtenir la qualité au moindre coût. Quant à la productivité des professionnels, elle ne peut être stimulée que par l'intéressement financier et la précarisation de l'emploi. Le « new management » industriel, associant recentrage de l'activité sur le « coeur de métier », rotation des tâches et mobilité des agents, permet la souplesse nécessaire à l'adaptation. Bref, le merveilleux modèle France Télécom !

Qu'importe que le marché ne puisse pas répondre au cahier des charges de la santé — utilité sociale, qualité élevée et moindre coût —, comme l'ont montré toutes les expériences historiques, pour la simple raison que l'usager n'est pas un consommateur éclairé qui a choisi d'être malade, mais une personne plus ou moins affaiblie, plus ou moins angoissée, dont les besoins sont potentiellement illimités, ce qui rend le marché totalement manipulable. La seule question qui vaille est : comment appliquer ce projet mercantile au système de santé français ?

D'abord, en changeant le vocabulaire : ne dites plus médecins ou infirmières mais « producteurs de soins » ; ne parlez plus de patients ou d'usagers mais de « consommateurs » ou de « clients » ; ne dites plus « répondre aux besoins de la population » mais « gagner des parts de marché » ; ne parlez plus de dévouement ou pire de sacerdoce, mais de « gains de productivité » et de « travail à flux tendu » — d'aucuns ont fait le calcul qu'une consultation de patients sidéens n'est rentable que si elle ne dure pas plus de 12 minutes ; ne dites plus salaire ou indemnité mais « part variable à l'activité ». Vous verrez : au début on sourit, puis on s'y fait, et, en le répétant suffisamment, on finit par le penser.

Mais comment créer un marché qui n'existe pas ?

D'abord, en mettant en place un financement par un pseudo prix de marché administré (la tarification par pathologie dite à l'activité ou T2A), et surtout en imposant une convergence des tarifs (sorte de prix uniques), d'abord intra-sectorielle (entre tous les hôpitaux confondus), puis inter-sectorielle (public-privé), comme le réclame à corps et à cris la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) (lire «
Traitement de choc pour tuer l'hôpital public », Le Monde diplomatique, février 2008). Cette convergence intersectorielle avait été reportée à 2018 sous la pression du mouvement des personnels soignants médicaux et paramédicaux des hôpitaux publics en avril dernier. Mais, cédant au lobbying des cliniques privées commerciales et revenant sur la parole donnée, Mme Roselyne Bachelot a décidé de la mettre en place progressivement, dès 2010. « A titre expérimental », bien sûr.

Ensuite, en supprimant, dans la loi « hôpital, patients, santé et territoires » (HPST) adoptée en juillet 2009, les trois secteurs — hôpitaux publics, hôpitaux privés à but non lucratif participant au service public PSPH, et cliniques privées commerciales ; ils sont rassemblés sous le joli nom d'« établissements de santé », ce qui permet ensuite à la ministre de prétendre constituer, sous la houlette des agences régionales de santé (ARS), « un grand service public unifié de santé ». Tout l'art de la communication est dans l'« unifié », qu'il faudrait traduire par « vente à la découpe des missions de service public » : à Bourgoin-Jallieu (Isère), par exemple, ce « partenariat public-privé » s'est soldé par l'octroi en mai 2009 d'un nouveau scanner à la clinique privée malgré une activité bien supérieure de l'hôpital public.

Légitimement, le président du groupe privé Générale de Santé, M. Frédéric Rostand, se félicite que la loi HPST ait « ouvert plus largement les missions de service public aux établissements de santé privée, notamment la formation des internes et des chefs de clinique ». M. Jean Loup Durousset, président de la FHP, célèbre pour « les dysfonctionnements sévères » de sa maternité à l'enseigne « Bien naître » (rapport de la Direction régionale des affaires sanitaires, avril 2009), prétend que quatre cent cinquante cliniques privées sont prêtes à accueillir des internes. Le but de ces cliniques commerciales est tout simplement d'accueillir des internes en fin de cursus et d'assurer ainsi le recrutement de leurs futurs chirurgiens.

Résultats de cette politique : à l'Assistance publique de Paris (AP-HP), on parle de la suppression de 4 500 emplois, dont 500 emplois médicaux, d'ici 2012 ; le directeur des hôpitaux civils de Lyon, M. Paul Castel, a fait savoir que, pour retrouver l'équilibre financier, « il faudra vendre l'immobilier, diviser par quatre les investissements, rationaliser la logistique, spécialiser les dix-sept hôpitaux, ne remplacer que un départ sur quatre pour le personnel administratif, un sur deux pour le personnel médico-technique et trois sur quatre pour les soignants » (Le Figaro du 17 août 2009). Pendant ce temps, la Générale de Santé se félicite d'avoir investi 220 millions d'euros en 2008 et autant pour 2009, et d'avoir accueilli quatre cent cinquante praticiens dans les dix-huit derniers mois.

En réalité, nous sommes au milieu du gué. Les concepteurs du projet avancent pas à pas. Première étape en 2004. On nous a dit : le paiement à l'activité sera progressif et ne dépassera pas 50% du budget hospitalier — « T2A à moins de 50 % » —, délégation des pouvoirs de gestion aux médecins, augmentation de l'activité. Deuxième étape en 2008 : T2A à 100 %, cogestion entre les médecins et l'administration, amélioration de « l'efficience ». Troisième étape en 2009 : loi HPST, fin de la cogestion — vous êtes là pour obéir au directeur —, plafonnement des emplois et donc réduction de l'activité. Très vite, nous allons connaître la quatrième étape : changement de statut des médecins hospitaliers qui vont devenir contractuels (comme les directeurs d'hôpitaux). Puis la cinquième : changement de statut de l'hôpital public, qui deviendra un établissement privé à but non lucratif, et changement de statut pour les personnels nouvellement embauchés.

Parallèlement, « pour sauver la Sécu », il est prévu d'augmenter ce qui reste à la charge des patients (franchises, forfaits, augmentation des tarifs des mutuelles, etc ...), puis de transférer la gestion du financement des affections longue durée (ALD) aux mutuelles et aux assurances privées, au nom de l'amélioration de la qualité des soins grâce à des « contrats qualité personnalisés » négociés entre les assureurs et les professionnels.

On peut imaginer une sixième étape, avec la fin du monopole de la Sécurité sociale, et une septième, avec l'abrogation de l'Objectif national de dépense de l'Assurance maladie (ONDAM), qui fixe à ce jour le montant du budget public national de la santé. Désormais les tarifs seront libres, fixés par la concurrence « non faussée » sur le marché, qui sera d'ailleurs un grand marché européen. Ainsi pourra naître un nouveau système de santé, véritable coproduction franco-américaine ayant gardé du système français la CMU et le financement des cas les plus graves par la collectivité, et ayant pris au système américain la gestion par les assureurs privés du marché rentable de la santé : un cauchemar pour les médecins et pour les malades, un rêve pour les assureurs et les « nouveaux manageurs ».

André Grimaldi.

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Par CGT CH Port-Louis/Riantec - Publié dans : Actualité Santé/Social
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